Promouvoir le bien-être à l’école

31 mars 2017

Laure Reynaud n’a cessé de questionner son expérience d’enseignante. Elle raconte ici le parcours qui l’a conduite à introduire en France le programme Well-being. 

J’aime l’école. Je l’ai toujours aimée, au point de ne jamais l’avoir quittée. Des études de droit, de sciences politiques puis, le diplôme de professeur des écoles en poche, j’occupe mon premier poste aux États-Unis : une expérience déterminante, qui marquera ma vie professionnelle. Là-bas, le professeur encourage, valorise le positif, est proche de ses élèves et considère que l’erreur fait partie de l’apprentissage. De retour à Paris, j’enseigne dans un établissement bilingue renommé, ouvert sur le monde et les pédagogies innovantes. J’y exerce quinze ans, dont trois en lycée, avec passion. Le temps de réaliser qu’être prof, c’est bien plus qu’enseigner.

La réalité du terrain

Être prof, c’est transmettre des connaissances, bien sûr. Mais, pour que cela fonctionne, il faut se mettre en scène, donner du sens, motiver, se remettre en question, continuer à se former, diversifier ses méthodes, individualiser les apprentissages et valoriser les potentialités des élèves pour que chacun trouve sa place dans la classe. Être prof, c’est rendre les élèves auteurs de leurs apprentissages, pour qu’une journée d’école ne se résume pas à rester immobile et inactif pendant sept heures sur une chaise – une vraie torture ! C’est instaurer un climat de classe positif, permettre l’autonomie et libérer la créativité en alliant fermeté et bienveillance. C’est aussi éveiller, participer à la construction d’êtres humains en devenir, leur donner les ressources pour bâtir leur confiance en eux, surmonter leurs peurs, apprendre à se connaître et à mieux se comporter dans leur relation à autrui. Malheureusement, aujourd’hui, être prof, c’est être formé à la pédagogie, aux savoirs académiques, mais pas ou trop peu à l’humain, à la psychologie, à la réalité du terrain. Cela demande beaucoup de volonté et d’énergie.
Bien sûr, le jeu en vaut la chandelle, car on est mille fois récompensé de ses efforts quand un élève se révèle, surmonte ses difficultés, sort de son mutisme et participe à la vie de la classe, prend goût à l’effort, trouve enfin un copain avec qui jouer. Mais c’est parfois ingrat et il arrive que l’on se sente démuni, seul face à ses élèves et à leurs problèmes.

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